A l’origine

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La maison où se situe le CHRS appartenait aux religieuses de la Doctrine Chrétienne de Nancy. Depuis 1968, la communauté des religieuses, dirigée par Sœur Anne-Marie, y organisait une activité d’accueil de groupes d’adultes ou d’enfants. Dès 1972, elles ont eu la volonté de s’ouvrir au plus grand nombre, et se sont inscrites dans une approche plurielle intégrant, dans son organisation des personnes de la société civile, Claudine et Guy Renard, qui les ont aidées à impulser un nouveau sens à leur action.

La naissance

En convergence entre cette volonté d’ouverture, des besoins repérés (population en difficulté) et un potentiel existant (locaux) ces 3 personnes ont créé en septembre 1974, l’association CASFC pour élargir définitivement l’horizon de cette maison et offrir des possibilités nouvelles d’actions de solidarité. Le développement de l’association s’est accéléré à partir de 1977, suite à une problématique récurrente identifiée autour de familles souffrant de maltraitance et en lien avec la législation (loi 1975). Sœur Anne-Marie, Claudine et Guy Renard élaborent alors un projet de création d’un centre d’hébergement.

En 1983, l’autorisation d’ouverture du CHRS est acquise, mais sans financement. Pendant deux ans (en 1984 et 1985), un grand élan de solidarité a réuni quelque 150 bénévoles afin de rénover les locaux et les adapter à l’ouverture du futur centre d’hébergement des femmes et des enfants.

Mai 1985 : Ouverture du Centre d’Hébergement et de Réadaptation Sociale, d’une capacité de 6 lits autorisés et financés par la DDASS. La capacité d’hébergement augmente régulièrement jusqu’à 31 lits depuis 2004.

L’évolution

Le CHRS se situait en territoire rural, dans le centre de Rambervillers, ville de 6000 habitants. Cette localisation géographique est favorable à la réalisation de partenariats de proximité : les enfants étaient immédiatement admis dans les écoles et collège du secteur, les enseignants contactaient l’équipe socio-éducative en cas de difficulté, les services publics et commerces sont tous accessibles à pied. De plus, l’éloignement de leur secteur d’origine permettait une mise à l’abri de femmes victimes de violences conjugales, qui composaient la grande majorité des personnes accueillies.

Au contraire, la situation en territoire rural peut rendre difficile l’accès à certains services de santé, à la préfecture, au tribunal… Selon les besoins, l’équipe socio-éducative accompagnait les personnes, une ligne de bus dessert la ville, et un véhicule du CHRS pouvait être mis à disposition des femmes hébergées.

La ruralité n’est pas toujours propice en termes d’emploi. Cependant, le CASFC comprend toujours un service d’insertion professionnelle pour remettre à l’étrier de l’emploi des personnes qui en sont éloignées. Les activités étaient diverses : couture, friperie, espaces verts, jardin, maçonnerie… Certaines femmes hébergées pouvaient ainsi rejoindre les ateliers et chantiers d’insertion, lorsqu’elles étaient prêtes à assumer un emploi de 28 heures hebdomadaires.

Enfin, le Point Accueil Ecoute du CASFC jouxtait le CHRS. Ouverts à toutes personnes en rupture ou dans l’isolement, il permettait de créer du lien social, d’échanger autour d’un café ou d’un repas, de participer à des activités collectives.

Le CASFC est membre du réseau FNARS (Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale), adhérent URIOPSS Lorraine (Union Régionale Interfédérale des Organismes Privés Sanitaires & Sociaux), SYNEAS (syndicat des employeurs associatifs de l’action sociale et médico-sociale), et est acteur de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS).

Missions

Dans son projet associatif, le CASFC – CHRS se donnait pour mission d’accueillir des femmes et leurs enfants dans le cadre d’un agrément de 31 places complétées d’une place d’urgence hivernale.

Deux profils sont à distinguer : les femmes victimes de violences (physique, psychologique, sexuelle, économique) et les femmes en grande difficulté sociale adressées par un service spécialisé ou un juge. Mais avant tout, ce sont les enfants qui habitaient le Centre puisqu’ils représentaient en moyenne les deux tiers des personnes accueillies.

L’établissement milite pour l’émancipation des femmes, le respect de leurs droits et de leur dignité. En ce sens, un partenariat ancien était mis en place avec le Centre d’Informations sur les Droits des Femmes et des Familles des Vosges. Il permettait un regard croisé sur des situations de femmes, la participation à des actions CIDFF (groupe de parole, forum des acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes…).

Depuis 2020, l'existence du CASFC est menacée par quelques agents de l'Etat.

Le CASFC apportait pourtant depuis plusieurs décennies un service visant à l’insertion sociale et professionnelle des personnes qu’il accueille. Avec 60 personnes sous contrat, le CASFC a longtemps été l’un des principaux employeurs disposant d’un centre de décision local sur le bassin d’emploi de Rambervillers.
Pour autant, depuis plusieurs mois, à la suite d’accusations mensongères, son existence est menacée.

* Les soeurs de la doctrine chrétienne accueillaient en cette demeure, une école de jeunes filles, hébergeaient les sans logis, accueillaient les orphelins. Consacrée le 30 avril 1858, elle a été solennellement bénie le 5 août 1859.